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Les Systèmes
d'Echanges Locaux
De la solidarité à une alternative monétaire ? Carlo Jelmini a été en 1994 l'un des initiateurs d'un Système d'Echange Local à Onex, près de Genève. Il est l'auteur de "La crise, créatrice d'énergie. L'exemple des réseaux d'échanges" aux Editions IES. Il est actuellement travailleur social dans un centre d'hébergement d'urgence à Genève. Les réseaux d'échanges Les réseaux d'échanges sont les enfants de la crise économique et du désengagement de l'Etat. Il s'agit d'une réponse nouvelle et pragmatique des citoyens, face au chômage et à l'effilochement des liens sociaux et ainsi que des solidarités traditionnelles. On peut répertorier d'innombrables expériences de réseaux d'échanges de par le monde, mais il est possible de les regrouper dans trois grands groupes :
Le SELLes systèmes d'échanges locaux (ou Local Employment Trading Systems en anglais) sont, à mon avis, les réseaux les plus intéressants à étudier de par leurs ambitions et leur fonctionnement.Le SEL voit le jour au Canada au début des années 80, dans une région très touchée par la crise économique, causant chômage et faillites. Cherchant à améliorer leur situation collective, des citoyens posent le constat suivant : toutes les ressources (compétences, main-d'œuvre, matières premières, outils) nécessaires à la production de richesse, à l'échange économique dans la région, sont bel et bien disponibles ; seul l'argent fait défaut et cela suffit à gripper toute la machine économique locale. Ainsi, puisque la monnaie nationale ne remplit pas sa fonction au niveau local, la solution logique est celle de créer sa propre monnaie, dont on peut disposer comme on l'entend. Mais l'émission de monnaie est bien sûr illégale. Pour éviter de se confronter au monopole de l'Etat, et grâce aux premiers ordinateurs, le SEL utilise une monnaie virtuelle, purement comptable. Cette monnaie virtuelle n'est pas le reflet de la monnaie nationale, mais possède ses caractéristiques propres, notamment :
Fonctionnement concret du SELUn SEL est géré par des administrateurs qui assurent le bon fonctionnement su système. Leur première tâche est de créer, mettre à jour et diffuser le répertoire des offres et des demandes de biens et services. Chaque participant peut y publier ses « petites annonces ».Lorsqu'une transaction a lieu, un chèque est signé et envoyé aux administrateurs qui se chargent d'enregistrer les modifications dans les comptes personnels des participants. Le compte d'un participant commence toujours à zéro et il n'est bien entendu pas nécessaire d'avoir un compte en positif pour pouvoir « acheter », puisque la monnaie nécessaire est créée automatiquement en débitant son propre compte. Chaque membre reçoit régulièrement le détail de son compte. De plus, un résumé de tous les comptes sont consultables par tout le monde à tout moment auprès des administrateurs et publiés une fois par année au moins ; cela par souci de transparence et autorégulation du système. Les prix à l'intérieur du système sont laissés à la libre appréciation des membres et s'établissent par la négociation. Au lancement d'un SEL souvent la valeur de la monnaie virtuelle est établie en fonction de la monnaie nationale, mais avec le temps elle a tendance à évoluer par elle-même. Il est intéressant de noter que les administrateurs d'un SEL ne travaillent pas bénévolement, mais sont rémunérés en monnaie virtuelle par l'ensemble des membres. Les SEL existent depuis bientôt une vingtaine d'années surtout dans les pays anglophones (Canada, Australie, Grande Bretagne, etc.). En France leur développement s'est intensifié ces deux dernières années, mais rencontre encore quelques résistances, notamment en raison d'accusations de travail au noir et concurrence déloyale. En Australie par contre les SEL sont soutenus et subventionnés par le gouvernement, en tant qu'action efficace de développement local. De plus, afin de contrecarrer l'accusation de travail au noir, des « impôts » en monnaie virtuelle sont versé à l'Etat, qui peut les utiliser pour des travaux d'intérêt public. Carlo Jelmini
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